
Le concept de “nymphomanie” daterait de l’époque Victorienne, il était alors décrit en ces termes : “pathologie féminine de la sur-stimulation des organes génitaux”, “maladie de l’élévation de l’énergie sexuelle” ou encore “perte du contrôle de l’esprit sur le corps”.
Ce qu’il est important de savoir est que le spectre des « troubles » pouvant faire d’une femme une nymphomane à l’époque allait de la masturbation en passant par le simple fait d’avoir des enfants hors mariage. Nous étions alors bien loin du cliché de la femme sautant au cou du 1er venu pour assouvir ses pulsions sexuelles.
Aussi, la définition de la nymphomanie à changé au fil du temps, jusqu’à devenir ce qu’elle est en 2012. Les historiens et les spécialistes médicaux s’accordent aujourd’hui pour dire que le terme de nymphomanie a été largement employé non pas pour définir une condition médicale mais bien comme un outil de répression et de soumission des femmes.
Partant de ce constat, bien des femmes seraient d’accord pour dire que l’utilisation du terme « nymphomane » en 2012 n’est pas si éloignée de celle que l’on en faisait à l’époque Victorienne. Il s’agit bien là de stigmatiser le « sexe faible » pour mieux l’oppresser. Une « nympho » couche avec « tout ce qui bouge », elle couche avec l’homme qu’elle a choisi, quand elle en a envie, à l’endroit qu’elle aura choisi. Et elle recommencera, autant de fois qu’il lui plaira.
Bien entendu, cette « pathologie » (la nymphomanie) ne touche que les femmes, les hommes étant généralement épargnés par cette culpabilisation/répression lorsqu’ils adoptent les mêmes comportements. Il est intéressant de noter que nous avons connu une « mode » de l’addict sexuel, incarné par des personnages publics comme Tiger Woods ou encore David Duchovny dans des cas ou la médicalisation de l’hypersexualité n’a servi qu’à justifier l’infidélité d’hommes célèbres mis dans une position délicate face à l’opinion publique.
Ce qu’il est important de prendre en compte, c’est que l’hypersexualité en temps que besoin irrésistible d’avoir des rapports sexuels peut se révéler être le symptôme d’une condition plus grave comme la dépression par exemple. Cela ne signifie pas qu’avoir une activité sexuelle intense soit forcément révélateur d’une maladie mentale, mais il est vrai que le fait d’avoir des rapports à l’excès puisse avoir un lien avec un trouble de l’anxiété ou encore un début de dépression.
Aussi, la médicalisation de l’hypersexualité, bien qu’elle ne soit pas toujours pertinente (notamment dans le cas de l’addiction sexuelle ou de la nymphomanie) ne peut être considérée comme complétement nulle de sens lorsque l’on considère l’hypersexualité non pas comme une maladie en soit mais un symptôme.
(Source : fr.121doc.net)